Archived entries for common

Confundimos casi cualquier cosa con una relación, una especie de comunidad…

“Hay por ahí un mundo tan nuevo, tan aleatorio, tan desvinculado que nos pone en peligro a todos. Hablamos por Internet, hacemos 'amigos' sin saber con quién estamos hablando realmente…, follamos con desconocidos. Confundimos casi cualquier cosa con una relación, una especie de comunidad, y sin embargo, cuando estamos con nuestros familiares, con nuestro vecindario, estamos a oscuras, sufrimos un cortocircuito y recaemos de inmediato en la versión digitalizada; es más fácil, porque podemos ser nosotros mismos y nuestro ego de fantasía al mismo tiempo, y ambos pesan lo mismo.”

Ojalá nos perdonen, A.M. Homes

he wants to stand for everyone, because he wants to be less a historical person than a marker for democratic personhood

“Whitman, because he wants to stand for everyone, because he wants to be less a historical person than a marker for democratic personhood, can’t really write a memoir full of a life’s particularities. If he were to reveal the specific genesis and texture of his personality, if he presented a picture of irreducible individuality, he would lose his ability to be “Walt Whitman, a cosmos” — his “I” would belong to an empirical person rather than constituting a pronoun in which the readers of the future could participate.”

Ben Lerner – 10:04.

L’espace commun est la trace de l’un dans l’autre

Les tentatives de Deligny, celles des Cévennes après celle d’Armentières, de la Grande Cordée, de La Borde, montrent que l’être-ensemble n’est pas le résultat d’une négociation, un objectif à poursuivre, par rapport auquel on va toujours trouver l’autre en défaut, et dans les derniers choix de Deligny dans un défaut radical, mais un être-là qu’on organise, qu’on constitue comme hypothèse de tous les petits outillages qu’on se donne pour le mettre en œuvre. Dans cet être-là, être-ensemble, il n’y a aucune réciprocité exigible a priori de l’autre seulement, aucune condition. L’être-là humain est une inconditionnalité, sans appartenance, mais capable d’alliance au sein du réseau. L’espace est fait de tourbillons pour l’un et de technologies de vision pour l’autre, et l’espace commun est la trace de l’un dans l’autre, la condition de l’accueil de l’un par l’autre, de la vie en commun, de la constitution du réseau. Leur société n’est pas transparente, ni à eux, ni aux autres ; les visions, les pratiques communes sont partielles, au sein du nous dans lequel évolue le réseau.

via Fernand Deligny, imager le commun
Anne Querrien dans multitudes
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Bruno Latour: Il n’y a pas de monde commun : il faut le composer

Cambia radicalmente el significado si en vez de hablar de “un monde à composer”, hablamos de un mundo que se está componiendo. Es un proceso constante de producción de lo común. “…si nous mettons de côté ce qui nous sépare, il n’y a rien qui nous reste à mettre en commun,” parece aparecer un vacío en el que entra la labor de composición como una nueva salvación, un nuevo mundo a “faire advenir”. Tal y como continúa, “Il n’est pas déjà là enfoui dans une nature, dans un universel, dissimulé sous les voiles chiffonnés des idéologies et des croyances et qu’il suffirait d’écarter pour que l’accord se fasse. Il est à faire, il est à créer, il est à instaurer…” Más bien se está haciendo, se está creando, se está instaurando a cada instante, puesto que no hay un punto cero, no hay un momento en el que marcamos el inicio. Es un proceso en el que nuestra acción, nuestra capacidad de explotar el potencial de las artes políticas, se desenvuelve, y el proceso seguirá más allá de nosotros. Por supuesto que hay, al quitar las diferencias, una carne común (Merleau-Ponty), esa que nos lleva a rebelarnos en palabras de Camus (“me rebelo, luego somos”) que no es un universal, una Naturaleza esencial sino que está siendo constantemente producida. Pero no olvidemos que está allí, en todo momento, con fracasos y aciertos, no caigamos de nuevo en la posibilidad del punto cero.

“Il n’y a pas de monde commun. Il n’y en a jamais eu. Le pluralisme est avec nous pour toujours. Pluralisme des cultures, oui, des idéologies, des opinions, des sentiments, des religions, des passions, mais pluralisme des natures aussi, des relations avec les mondes vivants, matériels et aussi avec les mondes spirituels. Aucun accord possible sur ce qui compose le monde, sur les êtres qui l’habitent, qui l’ont habité, qui doivent l’habiter. Les désaccords ne sont pas superficiels, passagers, dus à de simples erreurs de pédagogie ou de communication, mais fondamentaux. Ils mordent sur les cultures et sur les natures, sur les métaphysiques pratiques, vécues, vivantes, actives. Inutile par conséquent de dire : « Nous différons peut-être superficiellement par nos opinions, nos idées, nos passions, mais au fond, nous sommes tous semblables, notre nature est la même et si nous acceptons de mettre de côté tout ce qui nous sépare, alors nous allons partager le même monde, habiter la même universelle demeure ». Non, si nous mettons de côté ce qui nous sépare, il n’y a rien qui nous reste à mettre en commun. Le pluralisme mord trop profondément. L’univers est un plurivers (James).

La politique, ce qu’on appelle ordinairement de ce nom, s’est un peu trop simplifiée la tâche. Il y aurait des gens qui connaissent d’avance de quoi se compose le monde commun, et il suffirait de le faire advenir en éliminant peu à peu tout ce qui nous sépare, tout ce qui nous désaccorde. Il suffirait de mettre de côté les métaphysiques particulières, et l’on tomberait d’accord sur un certain nombre de principes universels. Grâce aux avant-gardes (de droite comme de gauche) on s’accorderait. Il y aurait des discussions, des résistances, des batailles violentes peut-être, mais le sens du progrès, la flèche du temps, iraient bien dans une direction repérable, marcheraient droit : révéler sous les désaccords superficiels l’irruption progressive, progressiste, de cet universel, de ce monde commun qui est, au fond, déjà là, caché, en chacun d’entre nous. On saurait ce qu’il en est du monde, et il suffirait de le révéler. La politique serait une science : une science du monde commun déjà présent qu’il faudrait simplement faire advenir en luttant contre tous les désaccords superficiels de ceux qui ne comprennent pas qu’ils sont déjà profondément accordés. Accordés par les lois de l’économie ; les lois de la biologie ; les lois de la nature ; les lois de la morale ; les lois de la religion révélée (celle-là et pas une autre) ; les lois de la discussion rationnelle ; les lois de la politique –les lois, les dures lois de la politique. Mais en tous cas, il y aurait des lois.

Évidemment, cela ne marche pas, puisqu’il y a autant de lois, autant de sciences, autant de mondes communs déjà là qu’il y a de métaphysiques en marche de par le monde. La politique n’est pas une science, ne pourra jamais l’être, quelque nom qu’on lui donne et à quelque science que l’on se voue. C’est un art, ou plutôt des arts, ce qu’on appelle justement les arts politiques[1]. Les arts par lesquels on cherche à composer progressivement le monde commun. Le monde commun est à composer, tout est là. Il n’est pas déjà là enfoui dans une nature, dans un universel, dissimulé sous les voiles chiffonnés des idéologies et des croyances et qu’il suffirait d’écarter pour que l’accord se fasse. Il est à faire, il est à créer, il est à instaurer. Et donc, il peut rater. C’est là toute la différence : si le monde commun est à composer, on peut rater sa composition. La flèche du temps avance, ou recule, ou s’interrompt, selon la façon dont on le compose. Rien d’inévitable. Rien d’inéluctable. Aucun sens de l’histoire. Et en même temps, oui, on le compose progressivement. Mais ce n’est pas le même progrès qu’auparavant, quand on croyait à « la » science politique. Il y a toujours des « hommes et des femmes de progrès », des progressistes et des réactionnaires, mais cela dépend désormais de la façon dont ils réussissent ou dont ils ratent cette composition qui n’a plus rien d’inévitable ou d’inéluctable. Et donc, il peut se faire qu’on se trompe à tout instant quand on marque d’une croix ceux qui sont du bon et ceux qui sont du mauvais côté de l’histoire. Les côtés ont une furieuse tendance à varier, les parties à changer de camp, sans parler des conséquences inattendues de nos actions qui multiplient les hésitations sur le sens et le parcours de la composition.

Les arts politiques doivent hésiter, tâtonner, expérimenter, reprendre, toujours recommencer, rafraîchir continûment leur travail de composition. Chaque sujet de préoccupation, chaque affaire, chaque objet, chaque chose, chaque « issue », chaque concernement : il va falloir recommencer. Il n’y a rien qu’on puisse transporter tel quel d’une situation à l’autre ; à chaque fois, il va falloir ajuster et pas appliquer, découvrir et pas déduire, spécifier et pas normer, décrire – avant tout décrire. Ce sont des arts justement, des artifices, des astuces, des compétences, des artisanats, des pratiques – pas des sciences. […]

Les arts politiques sont aussi loin de la science (politique) que des arts. Et plus loin encore de ce qu’on appelle l’art public, la création d’une sphère publique : comme si l’on savait ce que c’est que le public ! Comme si le public n’était pas un fantôme, un être à occultation, un être à éclipse, capable d’apparaître, peut-être, mais aussi de disparaître, de s’éclipser – comme aujourd’hui, quand le public semble avoir disparu pour de bon (Dewey). C’est parce que le public est à composer, affaire par affaire, issue par issue, souci par souci, qu’il n’y a justement pas un public – pas plus qu’il n’y a un monde, déjà là, qu’il faudrait révéler. Le public peut disparaître à tout moment si on rate sa composition. Rien de plus fragile que le public (Lippmann). Faire advenir l’esprit public, c’est infiniment plus difficile et plus rare et plus propre à toutes sortes de manipulations que de faire tourner les tables : « Esprit, es-tu là ? ». Silence pour toute réponse – et ne prenons pas les craquements de guéridons pour son message crypté.

De quoi se compose aujourd’hui ce qu’on appelle communément la politique ? D’un répertoire pathétique d’imitations d’imitations d’imitations de ce qui fut un jour, il y a des dizaines d’années, voire des siècles, de grandes inventions, de grandes instaurations d’œuvres collectives. Un répertoire de passions, d’attitudes, de mots historiques, qui se réduit comme une peau de chagrin à chaque dépense, de plus en plus inutile, qui devient moins lisible à chaque passage comme une photocopie de photocopie de photocopie. Il y a un monde, un plurivers à composer, et nous avons pour l’affronter trois ou quatre passions, deux ou trois réactions, cinq ou six sentiments automatiques, quelques indignations, un tout petit nombre de réflexes conditionnés, quelques attitudes bien pensantes, une poignée de critiques toutes faites. D’un côté une multitude, de l’autre quatre ou cinq concepts. Et l’on voudrait composer le premier avec les seconds ! Sans enquête et sans œuvre – sans œuvre à nouveau, sans tout reprendre à nouveaux frais, alors qu’il n’y a aucun autre moyen de composer le monde commun, nous le savons bien, qu’en le recomposant, qu’en reprenant depuis le début le mouvement de composition.”

Il n’y a pas de monde commun : il faut le composer, Bruno Latour.

New York’s Photo League

The Photo League was a New York City–based organization of professional and amateur photographers. A splinter group of the Film and Photo League, it was founded in 1936 by photographers Sid Grossman (1913–1955) and Sol Libsohn (1914–2001). Many of its members were young, first-generation, working-class Jewish Americans.

In keeping with its educational, activist, and aesthetic goals, the League offered lectures, darkroom access, and classes on history and technique, as well as exhibition opportunities. It promoted photography as a fine art and also championed the use of documentary photography to expose social problems and instigate social change.

During its fifteen-year existence, the League was among only a handful of places in New York that offered study in documentary photography, and it was unique in offering inexpensive classes and darkroom access.

The majority of the Photo League images were taken in New York City, but members also took photographs across the United States—for instance, in rural communities in the south—and, during World War II, in Europe, Asia, and Central America. Most of the photographs document ordinary people and everyday life and celebrate democracy in all its diversity. The photographs also include images of poverty and other hardships, which is not surprising given the social conscience of most of the members.

The League published a newsletter called Photo Notes, through which its members’ images, educational philosophies, and ideological stances and debates could be further disseminated.

via The Jewish Museum New York | Overview.

AIME: Common world

- 1 -
In this inquiry, we will not be starting from the idea of ​​a given world – natural or social – capable of immediately unifying minds and pacifying disputes. The starting point, rather, is a world that remains to be composed. Unification, thus, can not serve as a starting point only as a point of arrival, the result of a diplomatic enterprise that might well fail spectacularly.
- 2 -
This uncertainty about that which is common is important in order to counteract the tendency to link environmental issues to the idea of a pre-defined, unified nature that has unified all existents, since they were “already there”. Environmental issues testify, on the contrary, to an uncertainty about the nature of the common world and to the need to create it piece by piece. It is this definition of common world that we wish to underline in the expression of common sense.

via An Inquiry into Modes of Existence.

I believe that I have found in him the mental root of what I want to fight against the most

Hobbes. Thinkers not bound to any religion can impress me only if their thinking is extreme enough. Hobbes is one of these; at the moment, I find him to be the most important. Few of his thoughts strike me as correct… Why, then, does his presentation so greatly impress me? Why do I enjoy his falsest thought as long as its expression is extreme enough? I believe that I have found in him the mental root of what I want to fight against the most. He is the only thinker I know who does not conceal power, its weight, its central place in all human action, and yet does not glorify power, he merely lets it be.”

Elias Canetti on Hobbes, as quoted by Roberto Esposito in Communitas

Journey: …to make a pair of players connect, despite those limitations, and help each other move forward…

You play a faceless, cloaked figure who glides through a vast desert towards a mountain on the horizon. Along the way, you may encounter a second player, with an identical avatar, who is plucked from the Internet through an online matchmaking system. Both players remain anonymous—there are no usernames or other identifying details—and communication is limited to varying combinations of the same, one-note chirp. No words ever appear onscreen during gameplay. The idea of the two-hour game is to make a pair of players connect, despite those limitations, and help each other move forward. Along the way, they solve puzzles and explore the remnants of a forgotten civilization.

via A Journey to Make Video Games Into Art : The New Yorker.



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